Aparigraha

Aparigraha,  le non-attachement

Cette semaine, je travaille Aparigraha.
En sanskrit, a = absence, parigraha = saisir, accumuler, s’agripper.
Aparigraha, c’est donc le non-attachement, le refus de l’accumulation inutile, matérielle, émotionnelle, mentale.

Concrètement ?

Moins retenir. Moins contrôler. Moins « au cas où ». Et bizarrement… plus respirer.

Aparigraha nous invite à faire confiance à la vie, à laisser circuler, à arrêter de serrer trop fort ce qui, de toute façon, n’est jamais vraiment à nous. Les objets, les rôles, les relations, les attentes, les anciennes versions de soi… tout peut être reposé. Avec élégance. Sans drame.

C’est un yama exigeant, presque impertinent dans un monde qui confond sécurité et accumulation.
Mais quel soulagement quand on desserre la main.

Aparigraha et le souffle

Inspirer, c’est dire oui à la vie, oui à l’inconnu, oui à ce qui peut venir sans que je le contrôle.
Expirer, c’est consentir au vide, au lâcher, à la perte apparente, à ce qui s’en va sans me demander mon avis.

À chaque souffle, on peut se poser les questions suivantes :
À quoi suis-je encore accrochée dans ma vie quotidienne ?
Qu’est-ce que je retiens par peur plutôt que par amour ?
Qu’est-ce que je continue de porter alors que cela ne m’appartient plus ; des rôles, des histoires, des responsabilités, des attentes qui ne sont pas les miennes ? Qu’est-ce que je laisse me saisir, me définir, me rigidifier ?

Et puis il y a ces résistances plus subtiles. Ce que je refuse de relâcher sans condition. Ce que je refuse aussi d’accueillir sans condition.

Aparigraha, ce n’est pas tout abandonner. C’est apprendre à respirer la vie sans la posséder. À laisser entrer… et à laisser partir. Avec confiance. Avec foi. Avec cette intelligence du souffle qui sait, mieux que le mental, quand il est temps d’ouvrir la main.

Il est essentiel de rappeler que le non-attachement n’est pas un repli, ni une armure émotionnelle. Ce n’est pas se fermer aux autres  car se fermer avec intention, c’est encore être attaché au résultat : à la protection, au contrôle, à l’illusion de sécurité.

Le non-attachement n’est pas non plus s’ouvrir à tout, à tous, sans discernement. Il est un choix conscient de préserver son intériorité, ce lieu sacré où l’on ne se disperse pas. C’est décider de n’être attaché qu’à ce qui ne dépend pas des circonstances extérieures : les fruits de l’esprit. Comme le rappelle la Bible, ces fruits sont l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ils ne se possèdent pas, ne se revendiquent pas, ne se marchandent pas : ils se cultivent intérieurement.

Être non-attaché, ce n’est donc pas être vide ou indifférent, c’est être plein au bon endroit. Plein de présence, plein de conscience, plein de reliance. Et au fond, n’être attaché à rien, c’est n’être séparé de rien non plus : c’est être relié au divin en soi, sans intermédiaire, sans attente, sans contrat. Une liberté silencieuse, stable, profondément vivante.

Noël : la semaine idéale pour pratiquer le non-attachement

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Noël est l’un des moments les plus puissants de l’année pour l’explorer.Pourquoi ?

Parce que Noël concentre tout ce à quoi nous nous attachons habituellement : les liens, les rôles, les souvenirs, les attentes, l’amour… et parfois les blessures. Travailler le non-attachement à Noël, ce n’est pas aimer moins. C’est aimer plus librement.

Le non-attachement n’est pas le détachement froid

Le non-attachement ne dit pas : « Je n’ai besoin de personne. ». Il dit plutôt : « Je t’aime sans te posséder, sans te contrôler, sans attendre que tu me combles. ». C’est une posture intérieure. Une façon d’être en lien sans s’y perdre.

De quoi peut-on se détacher à Noël ?

Pas des gens. Mais de tout ce que nous projetons sur eux. Nous pouvons essayer de nous détacher de l’idée que Noël doit être parfait ou
des rôles figés : la gentille, la forte, celle qui fait tenir la famille, de l’attente d’être compris, reconnu, remercié. Se détacher du passé et des pensées comme : « avant c’était mieux », « il aurait dû… » et pourquoi pas se détacher de l’obligation d’aimer tout le monde de la même façon? Le non-attachement, c’est laisser la réalité être ce qu’elle est, sans lutter contre elle.

Comment être avec nos proches dans le non-attachement ?

Avec présence, pas avec exigence. Être là sans vouloir changer l’autre. Écouter sans vouloir réparer. Donner sans compter. Dire non sans culpabilité. Aimer sans se sacrifier. On peut être profondément aimant sans s’oublier. Et c’est souvent là que l’amour devient juste.

Et avec les amis… ou les personnes difficiles ?

Avec les amis ça peut être se détacher de la peur de perdre, accepter que chacun évolue à son rythme et laisser l’autre être tel qu’il est aujourd’hui, pas tel qu’il était avant

Avec les personnes difficiles ça peut être se détacher du besoin d’avoir raison, de la revanche, du règlement de comptes et se rappeler que poser une limite est aussi une forme d’amour. Le non-attachement protège le cœur sans le fermer.

Cultiver le non-attachement dans une période d’amour

Noël nous invite à aimer et Aparigraha nous apprend comment aimer sans s’accrocher. Aimer sans emprisonner. Aimer sans exiger. Aimer sans se perdre. Aimer sans condition… y compris envers soi-même. C’est un amour spacieux, respirable. Un amour qui laisse circuler la vie.

Travailler le non-attachement à Noël, c’est vivre les liens sans s’y crisper, honorer les relations sans les surcharger et être pleinement présent… sans vouloir que tout soit autrement C’est peut-être ça, au fond, l’esprit de Noël :offrir sa présence, sans emballage, sans attente, sans attache. Et si cette semaine, le plus beau cadeau que l’on se faisait…c’était un peu plus de liberté intérieure ? 

Cette semaine, je m’entraîne à posséder moins et habiter plus.
Et toi, qu’est-ce que tu pourrais déposer, juste pour voir ce que ça fait ?

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